Le MUTAA, un des dossiers prioritaires du 31è sommet de l’UA

Plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains se réunissent ce dimanche 1er juillet à Nouaktchott où s’ouvre le 31é sommet de l’Union Africaine (UA).  Plusieurs dossiers seront abordés, dont l’opérationnalisation du Marché Unique de Transport Aérien en Afrique (MUTAA),  un dossier si cher au Togo.

Cette rencontre panafricaine, prévue pour deux jours, aura pour thème principal «vaincre la corruption, une voie durable pour la transformation de l’Afrique ». Occasion pour les dirigeants africains de mettre en place, après examen, une feuille de route pour éradiquer le fléau sur le continent.

Les réformes institutionnelles, le libre-échange continental, les négociations pour les nouveaux accords ACP-UE, et bien entendu les crises sociopolitiques, la paix et la sécurité en Afrique et l’immigration, seront les questions prioritaires sur lesquelles les chefs d’État vont plancher. Mais pas que !

L’opérationnalisation du Marché Unique de Transport Aérien en Afrique occupera une partie importante des discussions dans la capitale mauritanienne, avec une communication très attendue du président togolais Faure Gnassingbé reconnu “champion du MUTAA” lors du dernier sommet de l’UA à Kigali.

Le président français Emmanuel Macron participe également à ce sommet en marge duquel Faure Gnassingbé aura des rencontres bilatérales avec ses pairs et
des partenaires au développement.

 

UA: financement de l’institution et migration au cœur du sommet de ce week-end

Avant l’ouverture de ce sommet, une réunion ministérielle s’est tenue jeudi dans la capitale éthiopienne. Selon le président de la Commission de l’UA, le principal enjeu sera sans doute la question de l’autofinancement de l’institution. « Sans son indépendance, l’Afrique n’est rien du tout. Avec son indépendance, elle peut être tout », a déclaré le Tchadien Moussa Faki Mahamat. A noter que les actions de l’UA sont dans leur grande majorité financées actuellement par les partenaires européens, japonais, chinois.

Les Chefs d’Etat arriveront-ils à tomber d’accord sur la création d’une taxe de 0,2% sur les importations de leurs pays pour financer l’UA? En tout cas,  certains Etats africains rechignent à le faire. Le futur président en exercice de l’Union africaine, le Rwandais Paul Kagame, devrait donc préciser ce dimanche quelles sont les mesures spécifiques qui seront accordées à ces pays réfractaires, afin que la réforme fasse enfin consensus et qu’elle soit validée par tout le monde.

L’autre enjeu attendu est celui de la question migratoire. C’était le thème central du sommet Union africaine-Union européenne d’il y a tout juste deux mois à Abidjan, qui s’était tenu après la diffusion des images d’un marché aux esclaves en Libye.

Sommet UE-UA: des mesures insuffisantes contre le drame de l’immigration clandestine

Les rideaux sont tombés depuis jeudi sur le cinquième sommet du sommet Union Africaine-Union Européenne. A la fin des deux jours de travaux, de nombreuses mesures ont été prises à Abidjan notamment contre l’immigration clandestine. Des mesures qui n’ont pas reçu l’assentiment de tous.

Le 5e sommet Afrique-Europe s’est achevé jeudi dernier à Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Au cours de ce sommet, les chefs d’Etats et de gouvernement ont mis l’accent sur le drame de l’immigration clandestine et surtout la vente aux enchères des migrants africains en Libye. Selon Moussa Faki Mahamat, le président de la commission de l’Union Africaine,  quelque 3.800 migrants africains en Libye doivent être rapatriés d’urgence. Soit une faible part du nombre total de migrants en Libye, qui se situe “entre 400.000 et 700.000. Pour sa part, l’hôte de ce sommet, le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara a plaidé pour que “les réseaux de passeurs soient mis hors d’état de nuire” et “qu’une enquête internationale puisse être diligentée, pour établir les responsabilités. Quant à Alpha Condé, le numéro un Guinéen, par ailleurs président en exercice de l’UA, il a demandé la mise en place  des “forces spéciales” pour lutter “contre les trafiquants d’êtres humains”. Toutes ces propositions ont été déjà annoncées, mercredi soir par le président français Emmanuel Macron, à l’issue d’une réunion d’urgence restreinte sur la question.

Les mesures prises sont-elles suffisantes ? Non, répond l’économiste sénégalais Demba Moussa Dembele, qui  est aussi l’un des co-auteurs de l’ouvrage, “Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA?”. Un livre paru  en octobre 2016 aux éditions “La Dispute”, à Paris en France.

Avec Deutsche Welle