Cedeao: vers une reconduction de Faure Gnassingbé à la tête de l’organisation?

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest se réunissent en juillet prochain à Lomé. Au cours de ce sommet, il sera question d’évoquer le bilan de l’organisation au cours de ces douze derniers mois, mais aussi de désigner le successeur de Faure Gnassingbé à la présidence tournante. Et alors que le Togolais vient de finir son mandat à la tête de la Cedeao, beaucoup de bruit court depuis un certain temps quant à sa reconduction.

Ce n’est pas une demande officiellement formulée par le chef de l’Etat togolais lui-même. Mais sur les réseaux sociaux, le sujet fait grand bruit. Les partisans de Faure Gnassingbé versent dans une sorte de campagne en faveur de la reconduction de leur “champion”. Et ce ne sont pas des arguments qui manquent lorsqu’il faut défendre ce rêve. Quand on remonte un peu l’histoire, on s’aperçoit que d’autres chefs d’Etat avaient déjà fait plus d’un mandat à la tête de la Cedeao. C’est le cas par exemple du Nigérian Ibrahim Babangida (1985 -1989), de J.J. Rawlings (1994 -1996), Sani Abacha (1996 – 1998). Entre 1999 et 2014, les présidents John Kufuor, Mamadou Tandja, Umaru Yar’Adua, Goodluck Jonathan et Alassane Ouattara ont rempilé chacun deux mandats successifs à la présidence tournante de la Cedeao.

Au-delà de cette jurisprudence, la santé du successeur de Faure Gnassingbé pose problème. Depuis son arrivée au pouvoir, Muhamadu Buhari est confronté à de sérieux problèmes de santé l’obligeant souvent à passer des mois entiers loin du Nigeria. Une situation qui a amené le parlement nigérian à vouloir le destituer. Un président à la santé fragile à la tête d’une organisation sous-régionale confrontée à d’énormes défis? D’après le Traité fondateur de la Cedeao, en son article 8.2, “la présidence de la Cedeao est assurée chaque année par un État membre élu par la Conférence “. Dans la situation actuelle, la reconduction du président Faure Gnassingbé pourrait être privilégiée, un choix qui reste une application de la jurisprudence déjà bien coutumière au fonctionnement de l’organisation.

En tout état de cause, si Faure Gnassingbé venait à être reconduit à la tête de la Cedeao, cela pourrait, de l’avis de certains observateurs, avoir des conséquences directes sur l’issue de la crise politique que traverse le Togo depuis plusieurs mois. On attend donc de voir…

Ambroise D.