Togo: 1500 élus locaux cette année!

Payadowa Boukpessi a précisé que le nombre d’élus locaux serait de 1.500.

Il a également confirmé que les élections législatives se tiendront cette année, probablement au mois de juillet qui correspond à la fin de la législature.

Tout comme le président de la République, les députés ne pourront effectuer plus de deux mandats selon les termes de la réforme constitutionnelle en projet. Un moyen de faire émerger de nouvelles compétences et de rajeunir le personnel politique. Une mesure qui devrait chagriner certains dans les rangs de la majorité présidentielle où des caciques du défunt RPT (Rassemblement du peuple togolais) ont été ressuscités à travers un comité dit des “sages” nouvellement mis en place au sein d’UNIR (Union pour la république). Des acteurs de l’opposition qui ont fait de la politique une carrière professionnelle depuis au moins trois générations, ne devraient pas non plus apprécier cette mesure si elle venait à être  adoptée.

Togo: une délégation de la coalition de l’opposition à Conakry et Accra lundi et mardi

Jean-Pierre Fabre, Tikpi Atchadam, Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson, Paul Dodji Apevon et Aimé Tchabouré Gogué, ils sont cinq responsables de la C14 à être reçus lundi 15 janvier à Conakry par Alpha Condé. Au menu, la situation politique actuelle au Togo, avec en toile de fond la question du dialogue. Dans une récente rencontre à Paris, le président guinéen avait déjà donné son avis sur la question. Pour Alpha Condé qui avait œuvré à la libération des imams arrêtés à Sokodé et Bafilo, l’opposition togolaise devait suspendre ses manifestations pour donner une chance au dialogue. Va-t-il garder la même position face aux 5 délégués de la coalition ? Rien n’est moins sûr !

Mardi, la délégation devra ensuite se rendre à Accra où elle rencontrera Nana Akufo-Ado très imbibé de l’actualité politique togolaise et fortement impliqué dans la résolution de la crise actuelle.

Le dernier sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) a donné son onction à la médiation ghanéenne appuyée désormais par celle du Bénin et du Burkina-Faso.

De sources bien introduites, lors d’une rencontre vendredi à Lomé, la société civile togolaise aurait exhorté la coalition à« faire preuve de souplesse devant les médiateurs ». Alors Jean-Pierre et sa suite accepteront-ils de surseoir aux manifestations pour entrer en négociation avec le pouvoir de Lomé, si les deux chefs d’Etat leur font à nouveau la demande? Les choses ne seront pas aussi faciles.

Une autre source confie à la rédaction de Courrier d’Afrique que le gouvernement togolais pourrait faire une « grande annonce » en début de semaine. S’agira-t-il du dialogue ou du chronogramme du référendum ? En se référant au message du chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, du 3 janvier, rien ne devrait surprendre.

Tikpi Atchadam, un opposant trop précautionneux ou paranoïaque ?

Ils s’économisent de toute critique publique entre petits camarades et préfèrent réserver leurs coups à l’adversaire. Esprit d’équipe. Profitant de cet accord de non-agression mutuelle et au grand dam des autres membres de la coalition, Tipki Atchadam se fait rare sur le pavé préférant s’adresser directement au peuple par des messages audio personnalisés, sans égard parfois pour la discipline de coalition. À titre d’exemple, l’énigmatique opération « dos à la mer », lancée tambour battant par le leader du PNP sur les réseaux sociaux, n’a pas été reprise par les autres responsables de la coalition, révélant au grand jour les limites de cette stratégie du cavalier seul en connexion directe avec le peuple en révolte. Motif invoqué pour justifier ce basculement dans la clandestinité ? Menace de mort ou d’arrestation contre le leader de la contestation du 19 août 2017 qui se vit de plus en plus comme un homme providentiel voire un prophète. Une chose est sûre, cette attitude exaspère ses partenaires de la coalition, dont certains, comme Francis Pédro Amuzun et Edem Atantsi de l’ANC, qui ne se gênent pas pour casser du sucre dans le dos du « général absent », de l’« exilé volontaire » d’un parti qui n’a jamais affronté l’épreuve de feu du suffrage universel. L’exil de Tikpi Atchadam est-il volontaire ou de complaisance ? Faut-il le considérer comme un persécuté ou un déserteur ? La question bouillonne sous les marmites de la coalition qui se refuse pour le moment à se déchirer en public.

En contre-pied de la conspiration du silence qui règne dans une certaine presse, de rares observateurs osent braver la mise au pas des esprits et rompre avec l’occultation des questions vénéneuses. Ces questions brûlantes peuvent être résumées à trois. Que penser de la désertion du front des marches par le chef des « guerriers de Tchaoudjo » ? À quoi répond le cache-cache politique auquel Tikpi Atchadam se livre depuis plusieurs semaines? Est-il réellement menacé ou feint-il d’être persécuté dans une visée stratégique et politicienne ? Réponses ou tentatives de réponses.

Délire de persécution

L’argument a été subrepticement suggéré au détour d’un portrait publié sur LeMonde.fr le 29 septembre 2017 par Christophe Châtelot, un des envoyés spéciaux du journal français à Lomé, aux temps forts de la contestation. Dans l’article, il brosse l’image d’un « révolutionnaire aux abois », conscient que le Togo n’est plus une dictature «sanglante», mais qui prend des « faux airs de bête traquée ». Ainsi, quand Atchadam reçoit le journaliste français dans sa villa d’Agoè, ce dernier est frappé par l’excès de mise en scène de sa sécurité et le « garde du corps taillé dans le roc (qui) surveille l’entrée, une radio Motorola à la ceinture ». Alors même qu’il tentait de persuader son interlocuteur que le pouvoir était en train de monter un hypothétique « dossier » contre lui, son portraitiste conclut qu’il faisait montre d’une « petite paranoïa », d’un « excès de prudence » ou d’un astucieux « calcul politique ».

Point n’est question de nier que l’histoire politique togolaise ait été jalonnée d’assassinats politiques, dont les plus notoires furent ceux de Tavio Amorin, Marc Atidépé, Djobo Boukari etc. Néanmoins, force est de constater que les temps ont changé. Depuis l’avènement de Faure Gnassingbé pouvoir au en 2005, le régime n’a plus recours à l’élimination physique des adversaires politiques. Malgré les soupçons, preuve n’a pas été formellement établie de l’implication des sbires de Lomé II dans la mort de l’historien et homme politique togolais Atsutsè Kokouvi Agbobli, retrouvé mort le 15 août 2008 sur une plage de Lomé. Outre l’énigme Agbobli, le 26 décembre 2017, des accusations de tentatives d’assassinats ont été professées par les leaders de l’ANC contre le ministre Yark et Faure Gnassingbé lui-même. Une plainte a été déposée en ce sens par le parti de Jean Pierre Fabre devant la justice. Atsutsè Kokouvi Agbobli représentait-il une menace réelle pour le pouvoir de Faure Gnassingbé? Quid d’Éric Dupuy? Au point de vouloir les éliminer physiquement?

Quant au risque de finir dans les geôles du pouvoir, l’affaire de l’incendie des marchés a prouvé qu’on pouvait avoir une affaire aux basques sans être entravé politiquement. L’inculpation des leaders de la Coalition Sauvons le Togo (CST) en 2013 n’a pas empêché Agbéyomé Kodjo ou Jean-Pierre Fabre de poursuivre leurs carrières politiques. Le premier a échoué à se faire réélire député au Parlement en juillet 2013 ; contrairement au second, élu député et battu à la présidentielle de 2015.

Alors Tikpi Atchadam est-il trop prudent ou risque-t-il vraiment sa vie ou sa liberté ? En l’état actuel, s’il est persuadé que sa vie est réellement menacée, cela relève d’un délire paranoïde surexagérant le risque encouru par sa personne. Étant donné qu’il reconnait lui-même que la « nature » du régime de Faure n’a d’Eyadema que le patronyme Gnassingbé. On peut donc risquer l’hypothèse d’une instrumentalisation de la menace pour faire monter sa popularité et se disculper en cas d’échec de la contestation. Une manière très habile de participer à la contestation par procuration, et qui, de façon diablement machiavélique tirerait le drap de son côté en cas de succès et rejetterait la faute sur ses camarades en cas d’échec.

Invisibilisation et starisation

La politique, c’est un art du spectacle. On parle de « scène politique » ou des « acteurs politiques » rivalisant d’ingéniosité pour se faire aduler des masses. On aimerait croire que la politique est un métier sérieux dont les professionnels privilégient le fond au détriment de la forme, malheureusement les arguments importent souvent peu face au pouvoir de la mise en scène. Il ne suffit pas d’avoir une bonne idée pour convaincre ; il faut savoir la vendre au public cible. Tous les moyens sont bons pour séduire un électorat. Et pour se faire, les acteurs politiques recourent à toutes sortes d’artifices.

L’invisibilisation de Tikpi Atchadam participe plus de son jeu d’acteur politique studio qu’il travaille dans le huis clos de son bunker que de la perception d’une hypothétique menace sur sa vie et sa liberté. Elle participe d’une stratégie politique bien pensée qui consiste à se faire passer pour l’adversaire numéro un du pouvoir actuel. Un opposant plus qu’opposant. Tant pis si Faure Gnassingbé ne voit en lui qu’un extrémiste tribaliste et une cinquième colonne djihadiste à la solde des pétromonarchies du Golfe.

Paradoxalement, la mayonnaise Atchadam prend au détriment de la soupe de l’omniprésent et inépuisable marcheur de fond, Jean Pierre Fabre. L’invisibilité de l’alter ego du chef ne tenant plus qu’à un fil de l’opposition, en cultivant la rareté dans ses apparitions auprès des foules, alimente les fantasmes et exerce une emprise forte sur celles-ci. Loin des yeux, proche du cœur, dit l’adage. Le marché de dupes qui lie les deux hommes est en train de se retourner contre Jean Pierre Fabre qui risque de se faire siphonner son électorat séduit par l’opération de charme de cette star politique montante.
Il faut ajouter que ce manège est décuplé par la bienveillance apparente des médias nationaux comme internationaux qui ne cessent de multiplier des portraits élogieux, des interviews exclusives et de relayer les éléments de langage d’Atchadam depuis son trou. Sans coup férir, Tikpi Atchadam peut ainsi faire courir le bruit qu’il vit caché à Lomé, qu’il est traqué, écouté et menacé de mort, sans susciter la moindre objection dans la presse. Sauf s’il s’est doté d’un téléphone satellitaire non traçable par les services de renseignements togolais, on a du mal à comprendre pourquoi sa cavale dure toujours, étant donné les interviews téléphoniques qu’il multiplie depuis sa cachette. Vraisemblablement, il n’est pas en prison parce que le pouvoir n’a rien à lui reprocher et que personne ne lui court après.

Autre fait étrange aux yeux des observateurs lucides, c’est quand il sort de sa cachette pour franchir les frontières et se rendre en Guinée ou en France sans se faire arraisonner aux frontières et s’en retourne se terrer dans sa tanière. Avouons que cette liberté de mouvement pour le « Most Wanted» politique de la décennie au Togo est très troublante.

Contradictoirement, une arrestation de Tikpi Atchadam pourrait donner un coup de pouce décisif à la contestation et envenimer la situation. Elle provoquerait une secousse dix fois supérieure à celle provoquée par l’arrestation de l’imam de Sokodé. Par exemple, toutes répressions et censures des foules en colère tombant, elles n’hésiteraient pas à fondre sur Lomé II. C’est peut-être cela le « point critique » que le leader du PNP escompte depuis septembre 2017 pour renverser le pouvoir de Faure Gnassingbé. Alors un peu de courage, cher Tikpi Atchadam ! Un peu de don de soi et la lutte sera conclue. Les martyrs tombés depuis le 19 août 2017 valent bien ce petit sacrifice. Comme l’écrivit le philosophe dissident tchèque Jan Patocka, alors sous le joug soviétique : « une vie qui n’est pas disposée à se sacrifier à son sens ne mérite pas d’être vécue ». L’héroïsme révolutionnaire a un prix.

Radjoul MOUHAMADOU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Côte d’Ivoire : le doute plane toujours sur les intentions de Ouattara pour 2020

Alassane Ouattara ne sera pas candidat en 2020. Si le président ivoirien l’a déjà dit lui-même à plusieurs reprises, un récent entretien sur France 24 incline à remettre en cause cette promesse surtout quand on sait ce que vaut la parole politique en Afrique. Mais le ministre ivoirien des Affaires présidentielles, Birahima Ouattara, a indiqué que son président de frère aîné n’envisage pas de briguer un 3eme mandat.

« Mon frère est fatigué. Il n’est nullement concerné par un 3eme mandat. Cette affaire de 3eme mandat, ce sont des rumeurs. En 2020, il passera la main », a confié Birahima Ouattara  à des proches, selon le journal ivoirien Le Temps.

«En politique, on ne dit jamais jamais. Mais attendez 2020, vous connaîtrez ma réponse en ce moment-là». Cette réponse du président ivoirien lors d’un entretien sur France 24 laisse planer des doutes sur ses réelles intentions pour la présidentielle de 2020. Même si avant cette phrase, Alassane Ouattara avait clairement affirmé « a priori, je ne le ferai pas (3eme mandat, ndlr),» les Ivoiriens se posent toujours la question de savoir si oui ou non le successeur de Laurent Gbagbo respectera la constitution qui limite à deux les mandats présidentiels. L’inquiétude des opposants au président Ouattara tient surtout de la crise au sein de la coalition au pouvoir.

En effet, après la dernière révision constitutionnelle,  une crise sourde a éclaté au sommet de l’Etat ivoirien. Le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, numéro 2 de l’exécutif jusqu’aux élections législatives, est relégué à la quatrième place, derrière le Premier ministre et le président du Sénat. Une nouvelle configuration qui apparaît comme un pied de nez à l’ancien patron des rebelles ivoiriens, soutien d’Alassane Ouattara. Dès lors, des mutineries ont éclaté à plusieurs, avec à la clé des revendications qui ont fait plier le gouvernement ivoirien. Beaucoup y voyaient la main de Guillaume Soro, perçu comme potentiel dauphin de M. Ouattara. On ne passera pas sous silence les dissidences au sein du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) lors des législatives de 2016.

Cette “confidence” du frère cadet du président ivoirien suffit-t-elle à rassurer les détracteurs de l’ancien Premier ministre de Félix Houphouët-Boigny?

Exclusif/Me Tchassona Traoré: “l’ouverture du dialogue à d’autres acteurs ne changera rien à la pertinence de nos revendications “

Courrier d’Afrique: Le dernier sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao n’a fait que des recommandations à minima sur le dossier togolais. Le cri de cœur de la coalition des 14 n’a pas été entendu?

Me Mouhamed Tchassona Traoré: Cher ami, la communauté internationale est constituée sur la base du droit et des principes. Elle a sa charte qui fonde son mode d’action. Il est vrai, le cas togolais ne peut laisser personne indifférent. La première analyse : effectivement nous (la coalition des 14, ndlr) avons lancé un appel à la Cedeao pour lui demander de se pencher sur le dossier togolais. A mon avis, si notre demande n’apparaît pas dans la déclaration finale, il n’est pas exclu qu’il soit pas évoqué dans les débats. Ceci peut s’expliquer  et aussi s’analyser au regard de l’ordre du jour du Sommet qui était peut-être déjà arrêté et connu de tous avant la tenue de ce sommet.

Deuxième chose, les partenaires de ces institutions internationales, ce sont les gouvernements. Donc c’est le gouvernement togolais qui est partenaire de la Cedeao. Qui plus est, c’est le président togolais qui est le président en exercice de cette institution. Vous comprendrez que, s’ils ont un ordre du jour déjà arrêté, et surtout que nous (opposition, ndlr) ne sommes pas représentés, (je ne sais même pas de quelle manière nous aurions pu être être invités), ils n’aient pu discuter que sur les seuls faits et rapports qu’ils ont recueillis des différentes missions des partenaires qui se sont intéressés à la crise togolaise et du Gouvernement Togolais .

Quant à la déclaration qui en est issue sur le Togo, ce serait trop hasardeux de croire que c’est un camouflet pour l’opposition togolaise ou un appui au gouvernement togolais. Bien sûr qu’ils nous invitent au dialogue; ça, c’est déjà connu de tous. Ils parlent d’un dialogue inclusif pour qu’on puisse débattre de toutes les questions pour aller vers des réformes politiques et institutionnelles dans l’intérêt supérieur notre pays , pour que la crise puisse être derrière nous.

Il faut également remarquer qu’à la lecture du communiqué final de la Cedeao, il ressort qu’un certain nombre de chefs d’Etat ont été mandatés pour suivre l’évolution du dossier togolais. A l’analyse, la mise en place de cette commission de chefs d’Etat nous écarte de toute médiation ou facilitation directes , nous renvoyant de facto, nous Togolais, vers une solution interne, c’est-à-dire, que prenions en main notre propre destin. C’est à ce niveau que nous devons tous faire preuve d’audace, une audace intelligente qui transcende les clivages, les barrières pour prendre en compte un élément essentiel qu’est l’amour de notre patrie, pour allers à une solution négociée afin de sortir notre pays de la situation actuelle.

Pour vous, c’est quoi prendre en main son propre destin? Bref, qu’entendez-vous par solution négociée?

La Cedeao a montré la voie. Pour elle, la seule et unique voie de sortie de crise, c’est le dialogue. Et quand elle parle de dialogue inclusif, c’est que tous les acteurs se mettent autour d’une table pour discuter.

Permettez-moi de vous interrompre, Me Tchassona. Quand vous parlez de tous les acteurs, vous parlez de qui? La coalition, dont votre parti est membre, n’envisage un possible dialogue qu’entre elle et le parti au pouvoir.

Vous savez, la Cedeao propose que les débats doivent être ouverts à tous ceux qui peuvent contribuer à la résolution de cette crise. Quelle est la finalité du dialogue? Ce sont les réformes. Notre base de revendications reste l’Accord politique global qui préconisait qu’il faut un consensus pour aller à ces réformes-là. Qu’il ne vous échappe pas qu’il y a des mécanismes pour faire les réformes: la phase parlementaire ou celle référendaire. Si les conclusions du dialogue  doivent passer par l’Assemblée nationale, cela suppose que les partis parlementaires puissent d’abord s’accorder sur le contenu du texte. Or dans le schéma actuel, il y a par exemple l’Union des forces de Changement (UFC) qui n’est pas membre de la coalition. Pour  rechercher un large consensus à l’Assemblee Nationale pour l’adoption de la réforme, nous ne pourrons écarter la contribution de l’UFC. Même si un parti parlementaire non membre de la coalition n’a qu’un seul député, nous avons besoin de cette voix pour y arriver. C’est pour cela que je parlais plus haut de la nécessité d’ avoir de l’audace. Nous devons avoir l’audace pour comprendre que le seul intérêt qui vaille, c’est celui du Togo.

Aujourd’hui, le débat se cristallise autour des acteurs du dialogue. Mais le pouvoir, lui, semble prêt à aller à ce dialogue, surtout après ce qu’on peut appeler le blanc-seing de la Cedeao.

Ma crainte, c’est que le gouvernement poursuive le processus du dialogue au cas où il ne s’entendrait toujours pas avec notre coalition, et qu’il aille discuter du projet de loi avec d’autres acteurs, pour soumettre le projet de réforme à la majorité mécanique qu’il a à l’Assemblé nationale puis au référendum. Ce qui conduirait au pourrissement de la situation. La conséquence prévisible pour la coalition pourrait conduire à une montée en puissance par la coalition, dans ses  revendications. Mais au final, qu’est-ce que cela peut apporter si ce n’est que nous créer beaucoup de difficultés sur le calendrier électoral, puisque 2018 est une année électorale avec les législatives et certainement les locales. C’est là où j’ai beaucoup de craintes pour mon pays, car la crise pourrait s’aggraver.

Me Tchassona, à vous entendre parler, on a l’impression que que votre voix est dissonante de celle de la coalition!

Je puis vous rassurer d’une chose, la coalition est composée de gens responsables portés par des convictions fortes pour ce pays et nous savons faire la part des choses. Je tiens à vous dire que je n’ai pas de crainte en cas d’ouverture du dialogue à d’autres acteurs. La coalition pèsera de tout son poids dans l’argumentation et la pertinence de nos revendications dont la légitimité est partagée par l’immense majorité de nos populations, puissent aboutir. Pourquoi? D’abord nous avons eu l’expérience des travaux lors de l’atelier du HCRRUN, les partis supposés proches du pouvoir n’ont pas hésité à se ranger et défendre les revendications légitimes, pertinentes portées par les partis d’opposition lors de cet atelier et il faut ajouter que les revendications ont l’adhésion de la plupart de nos compatriotes. Ce n’est pas parce qu’on aura ouvert le dialogue à d’autres formations politiques que ça changerait grand-chose à la pertinence et à la légitimité de nos revendications. Donc quelle que soit la configuration du dialogue, la coalition gardera toujours ses bonnes ressources pour faire avancer dans le bon sens les discussions pour que les réformes qui seront faites répondent aux attentes des populations.

Le départ de Faure Gnassingbé fera-t-il aussi partie de votre plateforme revendicative lors de ce dialogue?

Je pense que quand on aborde une phase conduisant au dialogue dans la  crise comme la nôtre, il faut bien se garder d’évoquer des sujets qui peuvent être préjudiciables pour la bonne  suite des événements. C’est pour cela que je m’abstiens de me prononcer pour le moment sur cette question. Ce qui est important, c’est que quand on parle de dialogue inclusif, il s’entend non seulement des acteurs, mais également de tous les sujets qui peuvent être débattus. Même s’il y a une telle exigence, rien n’empêche qu’elle puisse être discutée au cours du dialogue. Le contenu du dialogue, s’il faut en parler maintenant, ce ne sera que pure spéculation. Il s’agit d’un dialogue inclusif à double titre, tant au niveau des acteurs que s’agissant des sujets à aborder. Donc le moment venu, quand le dialogue se mettra en place, aucun sujet ne sera tabou.

La revendication relative à la démission de Faure Gnassingbé, élu pour un mandat qui finit en 2020, ne rend-elle pas l’opposition inaudible auprès de la communauté internationale?

Vous savez, nous sommes en politique. A l’opposé des exigences de l’opposition, le pouvoir aussi a exprimé une posture maximaliste. Le président de la république, dans son interview à Jeune Afrique, a déclaré que sa non candidature en 2020 n’est pas encore un sujet de préoccupation . C’est aussi là une posture maximaliste. Nous sommes dans un débat politique où chacun veut tirer le maximum de son côté. Il faut le comprendre ainsi.

Parlant justement de cette interview, pensez-vous que la candidature ou non du chef de l’Etat actuel en 2020 est un sujet prioritaire?

Nonobstant ce que j’ai dit plus haut, en affirmant qu’aucun sujet ne sera tabou au cours du dialogue, il me semble que nous passons à côté d’autres éléments essentiels qui doivent être convoqués dans notre démarche vers l’alternance au sommet de l’Etat. Je parle notamment du changement de mentalités des Togolais à transcender tous les clivages régionalistes, ethniques et religieux. Je pense à la nécessité de peser lors du Dialogue aux modifications institutionnelles pour se doter d’un cadre et processus électoraux fiables et transparents, Je pense à l’éveil de la conscience citoyenne chez tous les Togolais de l’intérieur et de l’extérieur à prendre toute la mesure du droit de vote qui devrait sonner au Togo plus qu’une simple faculté mais qu’une impérieuse obligation, afin d’ aller s’inscrire sur les listes électorales, à ne plus céder au son de cloche tendant à faire croire que les élections ne servent à rien dans notre pays, sous prétexte que les dés seraient pipés d’avance. Plus les Togolais iront s’inscrire massivement sur les listes électorales et s’acquitteront de d’aller voter massivement, plus grandes seront les chances d’une alternance pacifique au Togo. Si nous arrivons, au cours de ce dialogue, à obtenir les conditions d’organisation d’une élection transparente, l’alternance  est possible même si le chef de l’Etat actuel, par extraordinaire, se représente en 2020. Voilà des choses auxquelles nous devons réfléchir, auxquelles la presse doit sérieusement réfléchir pour faire comprendre à nos compatriotes qu’ils doivent déjà se mettre en ordre de bataille pour les élections à venir. Le peuple doit comprendre qu’il est l’arbitre du jeu électoral, et cela se passe lors des élections.

En clair, à côté des manifestions de rue, il faut déjà commencer à mettre en place des stratégies de conquête du pouvoir par les urnes, c’est ça?

Bien sûr, nos  partis politiques travaillent  à cet effet, mais nous avons une difficulté. Vous savez, les réformes sont d’ordre constitutionnel et institutionnel. Dans le deuxième volet, il y a le cadre électoral et tout ce qui concerne les élections au Togo. Tout cela doit faire l’objet de débat lors du dialogue qui est annoncé de sorte que que l’ensemble des questions qui bloquent notre avancée politique puissent être réglées. Il y a également des mesures d’ordre réglementaire qui doivent être prises pour favoriser le vote de nos frères et soeurs  de la diaspora, qui sont très nombreux d’ailleurs, afin qu’ils puissent enfin participer eux aussi au débat politique de leur pays.

Certains acteurs parlent de transition comme passage obligé pour une sortie de crise. Sommes-nous dans ce schéma?

Il ne faut pas s’empresser de poser les résultats du dialogue avant le début du dialogue. Seul le dialogue nous orientera utilement sur ce que sera la suite des événements. Ce pourrait être un gouvernement d’union nationale pour accompagner la mise en oeuvre des réformes. Or quand on parle de gouvernement de transition, cela suppose que toutes mes institutions sont mises en berne, en attendant qu’un arrangement politique puisse être trouvé. Qu’il nous souvienne qu’en 2006, à la suite du dialogue inter Togolais, il y a eu un gouvernement d’union nationale piloté par Me Yawovi Agboyibo, chargé de la mise en oeuvre des réformes. Malheureusement les blocages qui sont intervenus par la suite n’ont pas permis de réaliser ce cahier de charges. Si tant est que nous voulons aller à ce dialogue, avec toute la volonté qui doit caractériser l’ensemble des acteurs, nous devons faire en sorte que cette fois, ce soit le dernier des dialogues.

Une question sur un autre sujet de l’actualité nationale, le ministre de la Sécurité, Damehane Yark, considère vos manifestations comme des foires de commerce de stupéfiants.

Là, ça pose un véritable problème d’organisation de l’Etat togolais. Le ministère de la Sécurité a en charge la lutte contre ce genre de fléaux dans le pays. Nos manifestations se passent-elles hors des frontières de nos villes contrôlées par les forces de sécurité? Si le ministre pense  que c’est lors de nos manifestations que se fait le commerce de ces stupéfiants, cela dénote une faiblesse dans le dispositif sécuritaire du pays. Le gouvernement ne peut pas accuser l’opposition de favoriser le commerce d’un produit dont il a pourtant mission de lutter contre la commercialisation en amont et en aval.

 

Togo: Faure Gnassingbé n’entend pas partir en 2020!

Le nouveau numéro de Jeune Afrique à paraître ce dimanche devrait s’arracher comme de petits pains au Togo. Dans une interview accordée au journal, Faure Gnassingbé revient sur la crise politique que traverse le pays. Et sur la question de sa candidature ou non à la présidentielle de 2020, le président togolais Faure Gnassingbé a simplement assuré qu’il ne “se situait pas encore dans cette perspective“. Mais il semble préciser le fond de sa pensée quand il déclare que “les Constitutions disposent pour l’avenir, non pour le passé“, a répondu celui participait samedi, à Abuja, au 52eme sommet extraordinaire de la conférence des Chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao).

Le président a par ailleurs indiqué que le dialogue avec l’opposition s’instaurera “très rapidement en ce qui concerne sa phase préparatoire. Avant les fêtes de fin d’année“. Un dialogue qui, d’après lui, devra inclure les partis extra-parlementaires. “Nous avons, au sein de l’opposition, des partis représentés à l’Assemblée et des partis extraparlementaires : ils devront décider s’ils y viennent séparément ou en coalition. Nous avons aussi des partis qui n’ont ni manifesté ni revendiqué et qui agissent dans le cadre des institutions. Ceux-là aussi ont le droit de participer”, a-t-il déclaré à Jeune Afrique.

Une interview qui intervient au lendemain d’une nouvelle forte mobilisation de la coalition des 14 qui se dit déterminée à aller jusqu’au bout, avec ou sans l’aide de la communauté internationale.

Djimon Oré: “je ne crois pas à la médiation des chefs d’Etat de la CEDEAO”

Pensez-vous qu’il appartient à un chef d’Etat ghanéen ou guinéen de venir instaurer la démocratie au Togo?“, a lancé le président du Front des Patriotes pour la Démocratie (FPD). Djimon Oré dit ne pas avoir confiance en ces présidents qui se protègent entre eux. “Ces présidents ne viendront pas dire à Faure Gnassingbé de quitter le pouvoir parce qu’une partie de l’opposition togolaise le leur a demandé“, a-t-il soutenu.

Pour Djimon Oré, seul le peuple togolais est capable de se libérer par lui-même. Et pour cela, souligne-t-il,il faut des stratégies et du temps. “Le problème togolais est un problème majeur; il faut donc une analyse macro et non des détails. Le départ de Faure Gnasssingbé est un détail. Il faut, pour que tout le système s’écroule, que tout le régime s’en aille“, a déclaré l’ancien ministre de la Communication qui a encore insisté sur la nécessité d’aller vers une transition.

Sur la question du dialogue, Djimon Oré ne veut pas se laisser flouer. Car, pour lui, le Togo a déjà connu une kyrielle de dialogues qui se sont tous soldés par des échecs. “Le dialogue, précise-t-il, n’est pas le remède approprié au mal dont souffre le Togo qui en a déjà connu vingt-cinq“.

Exprimant sa solidarité avec les partis d’opposition qui sont actuellement dans la rue, le patron du FDP a expliqué que son parti évolue par étapes. “Pour le moment, nous faisons un travail de terrain sans tambour ni trompette. Nous sommes en phase de sensibilisation“, a-t-il conclu.

Me Dodji Apévon remet la “patate chaude togolaise” au sommet de la CEDEAO

Pour Me Paul Dodji Apévon, ce sommet, qui devrait se tenir à Lomé, a dû être délocalisé en raison de la tension politique au Togo. “Ce sommet devrait se tenir à Lomé mais a dû être déplacé à Abuja, tout comme l’ont été le sommet Israël/Afrique et le sommet ministériel de l’Organisation internationale de la Francophonie“, a déclaré le président des FDR, jeudi, au point de chute du deuxième jour des manifestations de la coalition des 14. Ces nombreux reports de rencontres internationales à Lomé sont perçues par l’avocat comme la preuve irréfutable que la situation togolaise préoccupe plus qu’on ne l’imagine. “Votre mobilisation et votre détermination de ce jour donneront une résonance toute particulière à Abuja, la capitale administrative du Nigeria“, a-t-il ajouté.

Leur rappelant qu’“aucun développement, aucun progrès économique ne peut se faire dans un climat anti-démocratique et que les dysfonctionnements politiques nationaux sont susceptibles de produire des conséquences parfois très fâcheuses dans les autres Etats“, Apévon a, au nom de la coalition de l’opposition, lancé un cri de cœur aux quinze présidents qui ont rendez-vous dans la capitale nigériane, pour “sensibiliser leur conscience africaine au drame qui se joue au Togo et qui constitue une vraie menace pour la stabilité de la sous-région et pour la stabilité internationale“.

Le Togo est une inacceptable anomalie politique au sein de notre espace ouest-africain, et il convient d’y mettre fin“, a-t-il lancé aux chefs d’Etat. Pour justifier cet appel, l’avocat Apévon a rappelé le tripatouillage de la Constitution en 2002 puis en 2005 par le pouvir de Lomé en violation flagrante du protocole de Dakar signé le 21 décembre 2001 et qui fixait des principes communs à tous les Etats, en matière de respect des Constitutions. Me Apévon n’a pas passé sous silence le refus de Faure Gnassingbé d’adhérer à l’harmonisation proposée le 15 mai 2015 à Accra par la Commission de la CEDEAO pour la limitation du nombre de mandats présidentiels et l’adoption du mode de scrutin à deux tours.

Les présidents ghanéen, Nana Akufo-Ado, et guinéen, Alpha Condé, devront se faire les porte-voix de la crise togolaise dont ils sont profondément imprégnés, lors de ce sommet. Sans oublier l’Ivoirien Alassane Ouattara qui, semble-t-il, serait favorable au départ de Faure Gnassingbé en 2020, sans l’y contraindre toutefois.

Togo : pour donner une chance au dialogue, le CJD appelle à l’arrêt des manifestations

Les dégâts matériels causés par les manifestations politiques sont souvent passés en perte et profit. Et pourtant depuis le 19 août, en plus des pertes en vies humaines, on note d’importants dégâts matériels occasionnés par ces mouvements de foule. C’est en tout cas, c’est le constat du Mouvement des jeunes pour le développement qui a livré le bilan de sa tournée du 23 au 25 novembre. « Le CJD a recueilli les témoignages de plusieurs victimes dans la région maritime. Ces témoignages sont très émouvants. Des femmes nous ont rapporté, preuve à l’appui, qu’elles ont été soit molestées soit vandalisées par des militants de l’opposition. Leurs commerces ont été saccagés. Nous risquons de passer toute la journée ici si nous voulons tout dire », a indiqué, Orphé Adom, coordonnateur du CJD, au cours de cette rencontre avec la presse où une projection de film retraçant la tournée et les témoignages, a été faite.

 

« Deux jeunes hommes apparemment surexcités m’ont prise à parti au niveau de l’ancien hôtel de la Paix. Ils m’ont poussée à la renverse. Puis ils ont emporté mon ma sacoche contenant une importante somme d’argent », a confié une femme d’un certain âge qui montrait ses blessures encore vives sur le corps. « Mon père m’avait remis une somme de deux cent cinquante mille francs pour m’acheter un ordinateur portable devant me servir à rédiger mon mémoire. Le jour-là, rapporte Félicité, j’allais au marché quand je suis me suis retrouvée nez à nez avec une foule de manifestants qui ne m’a pas ratée. Mon argent est parti ».

En allant au-delà des simples discours, les responsables du CJD ont remis à chaque victime une enveloppe financière, pour ainsi contribuer à la reprise de leurs activités.

Orphé Adom a par ailleurs appelé le personnel politique à sacrifier les intérêts personnels et partisans sur l’autel de l’intérêt national pour une sortie de crise. A ce propos, il a notamment invité l’opposition à observer une trêve dans ses manifestations au nom du dialogue en vue.

 

Classio Koutoglo: “il faut des stratégies et du temps pour venir à bout d’une dictature cinquantenaire”

Courrier d’Afrique a posé quelques questions à Classio Koutoglo, puisque c’est de lui qu’il s’agit. Qui est-il ? Pourquoi ses prises de positions si tranchées ? Que pense-t-il de la crise politique actuelle ? Voici son interview !

Courrier d’Afrique : Qui est Classio Koutoglo?

Un citoyen togolais comme les autres. Un jeune paisible, rigoureux  et démocrate. Un patriote engagé dans le mouvement la « Diaspora Consciente » contre la dictature, ses manifestations au Togo et en Afrique pour un avenir radieux de la présente et future génération.
Je réside aux Etats Unis et je suis un administrateur des Systèmes de Santé. Je suis spécialiste en Pharmacies médicales d’Hôpitaux et de Business Administration.
Je suis coordinateur de la Diaspora Consciente, le Directeur exécutif de la World Togolese Foundation, et Ex – Directeur General de la Radio de la Diaspora Africaine de Chicago, FM LIBERTE.
La liste risque de devenir  longue sur la présentation si je ne décide  pas de m’arrêter ici (Sic Rires).

Pourquoi êtes-vous si dur envers le pouvoir de Lomé?

J’entends beaucoup de mes collaborateurs africains et togolais me rapporter cette assertion. En réalité, je ne pense pas que je suis dur contre le pouvoir de Lomé 2, c’est-à-dire le pouvoir héréditaire qu’incarne aujourd’hui Faure Gnassingbé. Très souvent, dans certains coins de l’ Afrique comme le Togo en particulier  ou l’ éducation de la rigueur, l’ entreprenariat, le  droit, juste pour ne citer que ces valeurs inhérentes à la vie  sociale d’ une communauté saine ,  est faussée volontairement par les gouvernants pour des objectifs d’ orientation exécrable des âmes d’ une population, il arrive que, lorsque certains comme ma petite personne, ont l’envie cruelle de remplacer la mauvaise barre  par une autre raisonnable afin  de redonner de  l’ espoir  avec la meilleure éducation à la jeunesse,  à la génération actuelle et celle  future pour une harmonisation générale des principes, des méthodes et des procédures de la refondation de la société moderne et meilleure, certains esprits antiques , moyenâgeux, malins pensent que vous êtes dur.

Dans le Togo que le dictateur Eyadema Gnassingbé dont et ses fils ont voulu faire une monarchie, il n y a pas une réelle application des lois ni aucune procédure démocratique dans les institutions de l’Etat, dans les foyers, et dans les habitudes quotidiennes. La force de la loi est inexistante et  remplacée par la loi de la force.

Dans ces conditions, vous verrez  ceux qui mentent allègrement et  publiquement sans avoir froid aux yeux, volent à ciel  ouvert,  tuent et  intimident  avec les pointes des kalachnikovs,  prennent le plaisir inhumain de qualifier les rigoureux comme des durs à connotation négative.

Honnêtement, je suis juste l’un de ces milliers de Togolais qui demandent simplement au régime de Faure Gnassingbé de faire les reformes institutionnelles, constitutionnelles, électorales et la décentralisation contenues dans l’Accord Politique Global.

Et pourtant, ceux qui vous connaissent, disent que vous étiez un soutien indéfectible de Faure Gnassingbé. Êtes-vous sincère dans vos prises de position contre ce pouvoir ou est-ce juste une façon de vous faire désirer?

Je n’ai  fait que des études qui m’ont inculqué la notion de vérité, de la rigueur, et de l’obligation de résultats. Si nous nous sommes transportés dans de grandes écoles, c’est pour apprendre les modules et les appliquer normalement pour le bien-être individuel et collectif afin d’asseoir un essor  participatif, intégral et global d’un foyer, d’une communauté, d’une société, d’un pays ou d’une République.

Je ne crois pas que nos professeurs, ces hommes et femmes dignes, nobles nous ont inculqué les valeurs pour les appliquer à l’envers. Malheureusement, c’est ce que je constate dans le camp des farceurs de Faure Gnassingbé contre le Peuple affamé, démuni, et abusé.

Même un prince héritier, richissime, ami ou grand frère  ne doit, en aucun cas, compter sur mon soutien indéfectible dans le désordre, la cacophonie, le mensonge, la gourmandise avec une minorité devant un Peuple majoritaire réclamant son indépendance du joug dictatorial.

Je vais peut-être vous décevoir en disant que je ne suis pas un soutien incontournable et indéfectible à Faure Gnassingbé, mais plutôt, j’avais cru un temps, aux phrases et aux mots qui sortaient de ses discours et de sa bouche.

Lorsqu’un président mal élu fait un mea culpa pour dire “plus jamais ça sur la terre de nos aïeux ” à Atakpamé, on n’avait pas besoin de permission pour le croire et l’encourager.

Lorsqu’un prince mal élu reconnait la mauvaise gouvernance de son père pendant 38 ans, et monte au créneau, dès son arrivée au pouvoir,  pour d’ abord affirmer fermement que son père, c’était son père (fin de la gabegie financière au Togo) et convie la jeunesse à venir l’entourer pour relancer le pays rapidement, je ne vois pas en quoi je ne peux donner à ce dernier une petite confiance.

Vous êtes très actif sur les réseaux sociaux. Pour vous, la libération du Togo passe-t-elle par-là? 

C’est vous en tant qu’un averti dans le domaine de la communication qui devriez nous dire aujourd’hui la différence. Le pouvoir pouvait tromper le peuple. Mais aujourd’hui  grâce aux réseaux sociaux, tout se sait à la seconde près. Donc, c’est pour vous rassurer que les réseaux ne sont pas la solution à la crise, mais ils contribuent énormément. Les activistes intelligents ont désormais les canaux efficaces pour parler à leurs sœurs, frères, parents pour qu’ils agissent dans le bon sens contre toutes dictatures freinant l’essor du Togo et de l’Afrique.

Sur les réseaux sociaux, vous avez des positions très tranchées. Pensez-vous que le radicalisme peut aider à résoudre les problèmes?

Qu’est-ce que vous appelez  radicalisme? Vous me surprenez avec ces termes. Est-ce que le radicalisme, c’est de demander à Faure Gnassingbé de respecter non seulement des accords signés, mais de réaliser ce qu’il a dit de sa propre bouche au peuple togolais ? Je peine cruellement à situer le radicalisme dans mes fructueuses discussions politiques sur les réseaux sociaux qu’une grande majorité de Togolais restés au pays ou vivant dans la diaspora qualifient d’un véritable éveil citoyen togolais.

Comme je ne suis pas dur, je ne vais pas vous dire d’aller demander à ceux qui déciment le Peuple togolais de nous définir le radicalisme.

Depuis un peu plus de trois mois, une partie de l’opposition conteste dans la rue le pouvoir de Faure Gnassingbé. Est-ce que ça ne dure pas trop longtemps ?

Pas du tout ! N’oubliez jamais que les togolaises et togolais veulent faire tomber un système dictatorial vieux de 50 ans. Ce que ces gens ont construit pendant un demi-siècle, il faut des stratégies dans le temps et dans l’espace pour tout déraciner.

Je vais vous faire une révélation,  et je crois que le président Faure Gnassingbé a eu la bonne information tardivement, c’ est pourquoi il bouscule non seulement ses conseillers proches, mais aussi les agents de renseignements. Ils n’ont pas pu avoir les informations à temps sur la révolution en préparation.
Ce qui se concrétise à travers la mobilisation populaire est un travail qui a commencé depuis 2014 au moment où Faure Gnassingbé a voulu briguer un troisième mandat, ce qui est une forme de terrorisme contre son peuple. Comme vous le constatez, les travaux d’une révolution spéciale contre les dictateurs cinquantenaires peuvent prendre du temps.

Si les filles et fils conscients  du Togo avec une forte jeunesse et de leaders clairvoyants devant la scène arrivent à bout de la dictature dans 5 ans, je dirai qu’ils ont fait grand exploit.

L’essentiel aujourd’hui est de rester debout partout sur la planète, où les togolais vivent.  L’essentiel est de faire des sacrifices financiers pour soutenir les 14 partis politiques pour la suite constante de la lutte  et de financer  la jeunesse debout qui veut vraiment et patriotiquement  la fin de ce régime.

Faure Gnassingbé appelle au dialogue. L’opposition doit-elle y aller, à votre avis?

Tout conflit débouche toujours sur le dialogue, surtout, si les camps en conflit le trouvent nécessaire pour une sortie de crise claire dont les résultats doivent être applicables maintenant.

Le Togo n’a plus besoin d’un dialogue au cours duquel les leaders de l’opposition prennent part et le président de la République envoie des gueulards pour le défendre tout en restant dans son bureau pour damer les pillons.

Je vais encore vous dire une vérité. Il n y a personne au RPT/UNIR qui peut prendre une décision à la place de Faure Gnassingbé. Le Rpt/Unir n’est pas un parti politique en terme académique et politique.

Le seul dialogue qui qui vaille au Togo est celui où Faure Gnassingbé a pris part pour échanger avec l’opposition sur les sujets qui divisent. Avec des présidents démocrates comme facilitateurs.  Les trois présidents qui entourent le Togo, s’ils veulent vraiment être des facilitateurs dans la crise du Togo, nous pouvons espérer de bons résultats applicables immédiatement avec des chronogrammes à l’appui.

Je ne voudrais pas trop aller en détail de peur de dire des choses que je ne suis pas autorisé à dire.

Notre dialogue a besoin de Faure Gnassingbé lui-même, un facilitateur démocrate et  fort dans l’un de nos pays limitrophes et les représentants des 14 partis politiques de la coalition ou tous ses leaders.  En ce qui concerne la représentation de la Diaspora et de la société civile, je pense que ce n’est pas nécessaire pour ne pas ouvrir la voie à du dilatoire.

Le vote de la Diaspora est l’élément primordial.

Finalement comment sortir de l’impasse?

Les togolais sont en majorité debout aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux surtout.

Les leaders sont en majorité plus détermines et décides à conclure cette lutte grâce aux travaux sur les réseaux sociaux où se déroulent par moments des discussions houleuses avec des vérités pures et directes. Je suis tente de dire même que nos leaders ont pu effectivement déceler les voix du Peuple sur les réseaux sociaux et, rapidement, les sacrifices patriotiques se sont faits pour aller en rang d’unicité d’actions contre les ennemis du peuple.

Pour répondre directement à votre question, je vais juste vous répéter ce que la Diaspora Consciente a longtemps proposé aux leaders, au Peuple, à la jeunesse et au Président Faure Gnassingbé et ses conseillers.

1- Que le chef de l’Etat accepte que 38 ans de règne de son père et 12 ans de lui -même sans discontinuité n’honorent  pas le Togo, lui-même, ses collaborateurs.

2-  Que Faure Gnassingbé accepte une transition politique avec le retour des valeurs de la constitution de 1992 selon laquelle « en aucun cas, nul peut faire plus de deux mandats » à la tête du Togo.

3- Qu’il renonce à se représenter en 2020, comme le lui a conseillé son ami Gilchrist Olympio.

Je demande au Président de faire ce sacrifice pour le Togo d’aujourd’hui et de demain.

4- Il faut un gouvernement de salut ou de transition politique avec un Premier ministre qui applique les textes de la Constitution de 1992
La méfiance, qui est le fond de notre crise au Togo, va se dissiper automatiquement au profit de la joie de vivre ensemble des togolaises et togolais de tous bords.

Je vous garantis que le Togo peut dépasser vite le Ghana, le Benin, le Burkina Faso en terme de démocratie et de développement

Combien de régions du Togo  seront touchées par le développement avec l’alternance au somment de l’Etat durant les 50 années à venir ? A vous les lecteurs de voir et de faire le choix